Site officiel de Julien BERARD, coureur cycliste professionnel
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Mai 2013

96° Giro d'Italia

J-3 : Bien arrivé dans la balieue de Naples après un trajet avion plus bus de l'équipe. On retrouve le staff au complet, tous prêts à vivre une aventure humaine de près d'un mois. Pas de pression pour le moment, surtout que c'est déjà mon 3ème grand tour. Contraste saisissant niveau météo : 26°C.

J-2 : Sortie de 100km sous le soleil. On croise d'autres équipes. Le trafic est saturé, les gens sont de vrais fous du volant : on se fait klaxonner de tous les côtés. Les routes sont en mauvais état malgré le fait qu'il pleuve très peu. La pauvreté est visible mais pas choquante. Ce soir réunion générale dans le bus pour définir les objectifs et rôles de chacun : 2 leaders, 2 sprinteurs et 5 coureurs (dont moi) pour prendre les échappées ! Gros programme : 3400 km de course et 2600 km de transfert hors course !

J - 1 : 2h de vélo de contre-la-montre pour se préparer pour la deuxième étape. Présentation des équipes l'après-midi dans la centre ville de Naples. Un beau décor mais pas trop de public, la population moyennement dans l'ambiance mais surement plus le jour de la course. Dossard officiel distribué : le 14 pour m'accompagner durant 3 semaines ! Autre cadeau : le livre de course officiel de la course : 350 pages à méditer pour connaitre le tracé et ses pièges. Demain étape de 130km en circuit urbain dans Naples avec une arrivée au sprint sans grosse surprise ! Pas de prise de risque ni échapée pour moi. La route est longue...

Première étape : 130km en circuit dans Naples. Deux boucles différentes pour un total de 12 révolution et 4 montées. Dès le départ 7 hommes s'échappent dont mon collègue de chambre Bonnafond. L'objectif est le maillot de grimpeur, il est 3ème de se classement après les 2 gpm comptant. Je passe une journée au chaud dans le peloton à entourer nos deux leaders. Sur le final je suis bien remonté avec les deux sprinteurs mais me retrouve juste derrière la chute. Il y a alors une cassure devant et je termine tranquille 41ème puisque les temps ne seront pris en compte lors d'une chute ou incident dans les 3 derniers km. Demain clm par équipe : pas du tout notre fort. On va limiter la casse au mieux sur le parcours tortueux et casse pattes de 17km sur l'ile d'Ischia, 2ème équipe à partir : 15h43 !

Deuximème étape : Longue journée sur une île ! Départ de bonne heure pour prendre le bateau, reconnaissance du chrono puis retour en sens inverse et enfin départ pour l'exercice par équipes. Parcours casse pattes avec 4 montées et pas mal de virages. Un avatange pour l'équipe par rapport à un parcours plat et rectiligne. On débute correctement mais dans les bosses certains de nos coureurs souffrent, je pouvais aller plus vite. Pour ma part je me sens bien mais suis victime d'une crevaison roue arrière à 7km de l'arrivée en passant sur une grille. Comme convenu l'équipe n'attends pas sur problème mécanique sauf pour les deux leaders. Je perds pas mal de temps car il est compliqué de mettre la roue dans ce cadre chrono. Je rattrappe 2 coéquipiers lachés et on termine à 2min de l'équipe qui se classe 18ème à 50sec de la Sky. Déception car je roulais bien et n'ai pas pu en faire profiter le groupe. Retour avec 2h de bateau et arrivée tardive à l'hôtel. Place à deux jours pour s'échapper...

Troisième étape : 220km avec deux belles montées sur la fin. Echappée de 7 qui sort dès le début en raison d'un départ super étroit. Journée chaude et assez nerveuse car peu d'écart au général. Lors de la dernière montée sinueuse, on assiste à des cassures. Nos deux leaders sont devant mais il y a de nombreuses chutes. En effet l'arrivée est jugée en bas d'une descente de 10km ce qui est super dangereux. Le groupe des leaders se morcèle. Je termine avec le maillot rose ayant décroché en fin de montée, juste devant le deuxième peloton. Demain étape la plus longue avec arrivée quasi au sommet.

Quatrième étape : 245km le long de la mer Tirreno. Dès le départ je me place à l'avant du peloton et sors dans l'échappée du jour constituée de 7 coureurs. L'écart atteint 8min mais on roule tranquille car le parcours n'est pas favorable. 50km vallonnées puis 130km tout plat en bord de mer avec vent défavorable. Sella est le mieux placé à 3min au général ce qui est un problème. on lui demande de se relever mais il persiste. Et quand il s'arrête faire un besoin naturel on decide de ne pas l'attendre, inédit ! Il revient grâce à l'aide d'une moto, un italien n'est jamais seul en Italie...surtout dans le sud. A 100km de l'arrivée certains de l'échappée ne veulent plus rouler car l'écart est proche des 3min. Du coup il y a des attaques, je groupe se sépare en 2 pour clairement éliminer Sella. Je suis dans les 4 de tête et l'écart remonte à 5min car je me retrouve le plus dangereux à 9min au général. On attaque une longue bosse km190 et, avec la pluie, pas mal d'équipes roulent pour être à l'avant. L'écart fond et on se fait reprendre à 40km de l'arrivée. Je termine dans le grupetto : 196ème à 23min. Belle étape pour moi même si on s'est fait reprendre un peu tôt. 200km à l'avant et pas possible de résister plus contre ce vent et le peloton. Pas mal de cartouches brulées mais 2 jours de sprint pour se reposer avant l'étape de vendredi qui sera compliquée. Bonne nuit en perspective !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé étape du jour, photos et info ici

Cinquième étape : 205km facile. Je reste bien au chaud. Deux petites montées sur la fin. Mon job est de rester avec les leaders puis, sur la fin avec les sprinteurs pour les aider à revenir après les bosses dans les 20 derniers km. A 20km de l'arrivée je suis à l'arrière et reviens sur le groupe Cavendish. Je termine avec Appollonio sans qu'on réussise à réintéger le peloton, il nous a manqué 10secondes à 10km, dommage. Carlos chute à l'arrivée donc pas de sprint pour l'équipe. Demain que du plat !

Sixième étape : 170km tout plat. Fait inédit : aucune attauqe et un rythme tranquille pendant 15km, soit une demi-heure à 30km/h. Puis 2 courageux se lancent. La journée est tranquille, juste un peu de vent mais souvent défavorable. Seul fait marquant de la journée : au premier passage ligne à 32km de l'arrivée , il y a une énorme chute, les vélos s'entassent et la route est bloquée, 70 coureurs seulement passent. On me tombe dessus mais à l'arrêt, je n'ai rien. Je me retrouve sous un tas de vélo et ma roue arrière est cassée. Je repars avec 2min de retard sur la tête, le peloton est morcelé. Heureusement, le peloton se reforme car devant on se relève. Je rentre graâce à la voiture de l'équipe en m'abritant derrière, ce qui est toléré sur incident mécanique, cela va très vite et je réintègre le peloton à 15km de l'arrivée. Mon compteur indique : vitesse max 88,7km/h ! Sprint massif avec nos deux italiens dans les 10. Je reste derrière avec Pozzovivo. Demain grosse étape avec de nombreuses bosses.

Septième étape : 175km type classique des ardennes avec de nombreuses bosses courtes et raides, parfois 20%. Une étape que j'avais cochée et mes conditions : montagnes russes, tortueux, pluie... mais km60, avant la bagarre, en remontant des bidons j'ai accroché ma roue avant dans le coureur me précèdent et tombe lourdement sur la tête et l'épule. Casque et clavicule cassés, j'ai tenu à rallier l'arrivée car je pensais que mon épaule était seulement déboîtée. Au courage, sans pouvoir me mettre en danseuse je termine dans le grupetto. Théoriquement je pourrai prendre part au chrono de ce jour mais cette nuit la douleur est intense, je n'ai pas fermé l'œil et vous écrit ces mots en pleine insomnie. Comme m'a dit un coureur ami dans le peloton : le Giro il y en a tous les ans, ta santé tu n'en a qu'une. Sauf miracle dans la nuit, je ne prendrai pas le départ demain. Comble de l'histoire j'ai manqué l'échappée d'un rien étant sorti juste avant en compagnie de 3 des 6 échappées du jour dont un qui l'emporte en solitaire. Il y a des jours ou la réussite n'est pas au rdv. Pas seul dans mon malheur : à souligner les nombreuses autres chutes même parmis les favoris en raison de la pluie et des routes vraiment sales sur ce Giro d'Italia. Merci a tous pour vos messages.

Après nouvelle radio très propre de ce matin et malgré une douleur en baisse je dois renoncer pour ne pas agraver mon cas et à quoi bon continuer quand on est blessé. C'est déjà assez dur quand on est à 100%.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/05/13 : 3 semaines d'arrêt

Après un retour samedi en train depuis l'Italie, je suis allé consulter le médecin de l'équipe lundi matin au chu de Grenoble. La fracture ne necessite pas d'opération selon le chirurgien, les plaies sont superficielles et j'ai tout le côté gauche plein de bleus. Pas d'inquiétude non plus concernant le coup à la tête. Tout cela devrait donc rentrer dans l'ordre, je repredrai le vélo sur route après nouvelle radio de contrôle, sous 3 semaines. Tourner les jambes sur home-trainer sera possible d'ici une grosse semaine. Nul besoin de se précipiter pour reprendre car les courses sont peu nombreuses en Juin. Si tout va bien je reprendrai le cours de mon programme à la Route du sud le 13 Juin. Je dispose donc d'une coupure forcée mais qui je le pense me fera revenir plus fort et plus frais pour la fin de saison. Les périodes post blessures m'ont toujours été favorables...

Site internet du giro ici

Site internet steephill.tv ici

www.cyclingfans.com pour le live vidéo

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